Aujourd'hui je vous propose une très belle interview de Nicolas Rousseau, néo pro chez Ag2R, que j'ai contacté par téléphone avant son départ pour les championnats du Monde sur piste à Majorque. Encore stagiaire l'année dernière, il est passé pro cette année et a déjà pu se confronter à l'élite mondiale au Qatar et sur les routes de Belgique. Il revient sur son début de saison, sur son équipe, mais aussi sur ses débuts dans le vélo.
01- Bonjour Nicolas, commençons par ce
début d'année 2007. Après le Tour du Qatar, tu
as fait un passage par la piste de Manchester avant de revenir en
Belgique pour enchaîner le Het Volk et Kuurne Bruxelles
Kuurne. Que penses tu de ton début de saison
?
NR : - Je
suis content à plusieurs points de vues, au niveau de
l'équipe d'abord avec qui ça s'est vraiment bien
passé, notamment le groupe parti au Qatar. On a
créé des liens. Et côté sportif, je n'ai
pas forcément beaucoup couru mais ça m'a bien plu,
physiquement j'étais au niveau donc vraiment content.
Je ne demande qu'à courir, courir un peu plus
maintenant.
02 - Est ce difficile de passer de la piste
à la route et inversement ?
NR : - De la piste à la route,
c'est toujours un petit peu difficile. Je ne peux pas trop
l'expliquer. Dans l'autre sens, vu que je fais de la piste depuis
junior, je retrouve rapidement le coup de pédale. Quand je
repasse à la route, c'est moins évident mais j'y
arrive de mieux en mieux, en faisant de bonnes sorties de foncier,
au bout d'une dizaine de jours, je me ressens déjà
bien. Ca ne m'inquiète plus, contrairement à avant
où ça m'embêtait un peu plus, maintenant j'ai
plus confiance en moi.
03 - Demain, tu pars pour Majorque afin d'y
disputer les championnats du monde sur piste avec l'équipe
de France. Quels sont tes objectifs ?
NR : - Faire le mieux possible tout
simplement. Se fixer un objectif en poursuite par équipe,
c'est difficile parce qu'on va avoir sûrement une
équipe inédite. Malheureusement on ne peut pas
travailler ensemble toute l'année comme les autres grosses
nations qui ont tous leurs poursuiteurs regroupés dans une
continentale, qui courent sur route ensemble, qui
s'entraînent ensemble sur la piste. Nous c'est un peu
différent, c'est du bricolage, à chaque fois on
part un peu dans l'inconnu. Par rapport à l'année
dernière à Bordeaux où j'étais
déjà dans l'équipe, faire un temps en dessous
de 4 minutes 10 secondes ça serait vraiment
bien.
04 - Quel est ton programme à ton
retour de Majorque ?
NR : - Il y aura normalement la Route
Adélie à Vitré le 6 avril puis deux jours plus
tard le GP de la ville de Rennes. Après franchement je ne
sais pas trop, je pense faire les Coupes de France en Avril comme
le Tour du Finistère ou le Tro-Bro Léon. C'est encore
en pointillé, je ne voudrais pas m'avancer, j'en saurais un
peu plus à la fin du mois.
05 - Comment te sens tu au sein de
l'équipe AG2R ?
NR : - Je me suis senti très vite
à l'aise, d'une part parce que le fait d'avoir fait quelques
courses avec eux en fin d'année en tant que stagiaire
ça m'a permis de connaître certains membres de
l'encadrement et quelques coureurs également. Je ne suis pas
arrivé dans l'inconnu au stage de décembre. Les
stages suivants et les premières courses n'ont fait que
confirmer cette impression. C'est vraiment agréable et
important de se sentir bien dans son équipe. On passe quand
même une bonne partie de l'année
ensemble.
06 - Que penses tu des résultats de
l'équipe en ce début de saison
?
NR : - Je
pense que c'est plutôt positif. Ca a commencé
très fort avec la victoire de Martin Elmiger au Tour Down
Under. Ensuite il y a eu la superbe victoire de Nocentini au
Pharon, sûrement la plus belle étape du Tour
Méd. Comme quoi Vincent (ndlr Lavenu) ne s'est pas
trompé dans le recrutement. Ce sont peut être des
coureurs qui dans des grosses équipes sont en second rideau
mais chez Ag2R, ce sont des leaders et on voit le résultat.
Et puis il y a eu la victoire de Jean Patrick Nazon lors de la
première étape du Paris Nice, c'est quand même
pas mal. Je suis sur que ça va lui redonner confiance
après son année 2006 difficile. On attendait peut
être un peu plus des leaders sur ce Paris Nice, mais
Cyril a eu des pépins de santé, donc voilà, on
le retrouvera ainsi que Sylvain cet été sur le Tour
de France pour une bonne performance.
07 - En ce qui te concerne, quel est ton
terrain de prédilection ?
NR : - C'est un peu le style de terrain
que l'on retrouve dans le Nord, même si je n'ai pas une
grande expérience des pavés et des monts. Je suis
originaire de la région de Tours où l'on a ce
même style de course, où c'est découvert, il y
a du vent, il faut tout le temps être bien placé,
savoir bien frotter, avoir une bonne pointe de vitesse, donc dans
ces courses là je me débrouille pas mal. C'est pour
cela que Vincent (ndlr Lavenu) m'a pris pour renforcer
l'équipe en vu des classiques.
08 - Quelle est la course que tu aimerais
vraiment avoir à ton palmarès
?
NR : - Tout
d'abord, pour un néo pro comme moi, je dirais que n'importe
laquelle ferait l'affaire, il n'y aura sûrement pas
beaucoup d'opportunités, s'il y en a une qui se
présente, il faudra la saisir. Mais côté
cœur, mon rêve ça serait de gagner Paris Tour,
je connais les routes comme ma poche, d'avoir vu étant gamin
les arrivées sur grand écran, ça me donnait
des frissons.
09 - Quel est ton ou tes plus beaux
souvenirs de coureur cycliste ?
NR : - Sur route je dirais ma
médaille de bronze aux championnat de France en ligne
élite l'année dernière. C'est vraiment un de
mes meilleurs souvenirs. Sinon sur la piste, en junior
première année, ça remonte un petit peu, j'ai
été vice champion du monde de poursuite par
équipe, je débarquais un peu, je ne connaissais pas
le haut niveau, et de pouvoir ramener une médaille d'un
championnat du monde, c'était fabuleux.
10 - À quel age as-tu
commencé le vélo ?
NR : - J'ai commencé assez jeune
à l'école de cyclisme, simplement parce que je
voulais faire un sport et que l'occasion s'est
présentée. Je devais avoir 8 ou 9 ans, ça fait
un petit moment que je fais du vélo. Je n'ai pas
été poussé par la famille, on n'est pas
vraiment une famille de cycliste même si j'ai un oncle qui
avait un bon niveau régional. J'ai fait du vélo comme
j'aurais pu faire un autre sport, au début ça ne me
bottait pas plus que ça, dans certaines épreuves
comme le gymkhana je n'étais vraiment pas bon. Et puis en
minimes et cadets, j'ai commencé à faire des
résultats. Après tout s'est enchaîné,
j'ai rencontré Philippe Bodier qui a été mon
premier entraîneur au niveau national sur piste. Puis ensuite
le pole France, Blois, Châteauroux et maintenant
Ag2R.
11 - Est-ce que tu avais une idole quand tu
étais enfant ?
NR : - Pas vraiment. Mes souvenirs c'est
surtout l'ère Indurain. Ce n'était pas mon idole mais
il m'a marqué tout comme Rominger et Jalabert. S'il y en a
un qui ressort et qui court encore, c'est Erik Zabel. Il a
traversé toutes les époques, il a un palmarès
impressionnant, il continue par amour du vélo, c'est
quelqu'un de passionné, qui aime son métier, et
ça je respecte.
12 - Qu'aurais tu fait si tu n'avais pas
entamer une carrière professionnelle
?
NR : -
J'aurais fait du sport car j'adore ça, mais de là
à être également professionnelle dans une autre
discipline, ça aurait été difficile. En tout
cas, j'ai un DUT de Génie Mécanique. Je ne l'ai pas
fait par défaut, ça me plaisait vraiment, tout ce qui
touche à la conception. Du fait de ma pratique du
vélo, je me dis qu'après je pourrais travailler dans
l'industrie du cycle, dans un bureau d'étude pour de grandes
marques. Ca peut être une idée.
13 - Quel est ton premier souvenir de sport
quand tu étais enfant ?
NR : - Il y en a deux qui me viennent en
tête. Tout d'abord l'accident d'Ayrton Senna au Grand prix
d'Imola le 1er mai 1994, j'avais 11 ans et ça m'a vraiment
marqué, je me souviens de la journée, j'ai des images
précises, ça m'a vraiment choqué. Le
deuxième souvenir, c'est la victoire de Gilbert Duclos
Lassalle quand il bat au sprint Franco Ballerini à Paris
Roubaix en 1993, ça aussi ça m'a vraiment
marqué, j'avais vibré !
14 - À part le cyclisme,
étais tu doué pour un autre sport
?
NR : - En
fait je n'ai eu qu'une licence de cyclisme, mais j'aime bien
joué au foot avec les copains, même si j'ai les pieds
carrés. Au collège, en course à pieds, j'ai
gagné quelques cross en UNSS. Sinon, j'aime bien le ping
pong en loisir.
15 - Quels sont les
évènements sportifs que tu ne raterais pour rien au
monde ?
NR : -
Je suis peut être pro mais avant tout, je suis un
passionné, donc je ne raterais pas un championnat du monde
de cyclisme ou un Paris Roubaix, même si maintenant
j'espère vraiment faire partie de la course. A Tours, on a
une excellente équipe de Volley, dès que je suis dans
le coin je vais les voir jouer.
16 - Est-ce que tu as une autre passion en
dehors du cyclisme et du sport ?
NR : - En fait, je lis beaucoup, j'ai
toujours des bouquins ou des magazines avec moi. Ca me change les
idées. Il y a aussi Internet, j'écris aussi pas mal,
j'ai un blog que je mets à jour régulièrement.
Je me suis toujours bien débrouillé en
rédaction au collège et lycée. Je n'ai jamais
eu de difficulté pour écrire, j'aime beaucoup
ça.
Voila!
Merci beaucoup Nicolas pour cet entretient vraiment très
sympa. Je te souhaite plein de bonne chose pour l'avenir. Je pense
qu'on aura l'occasion de se revoir sur de prochaines courses.
Si vous voulez suivre de près l'actualité de Nicolas,
et en savoir encore plus sur sa vie de coureur professionnel, je
vous conseille d'aller sur son site qui est vraiment très
intéressant : http://20six.fr/rousseaunicolas
La photo qui illustre cet article, je l'ai prise au sommet du
Kruisberg lors de Kuurne Bruxelles Kuurne 2007.








